Contrôlé (47% du capital) depuis quatre générations par la famille Maubert, Robertet suscite toujours l'intérêt des deux géants suisses des ingrédients naturels pour les industries des arômes et de la parfumerie, Givaudan, le leader mondial, et Firmenich, tous deux présents au tour de table du groupe français avec des participations respectives de 4,7% et 21,6%. Il existe peu de chances que ces deux prédateurs parviennent à leurs fins. La famille Maubert n'entend pas vendre et fait de l'indépendance de Robertet le crédo de sa stratégie. A défaut de se vendre, le spécialiste français implanté à Grasse dans la région des arômes et du parfum est passé à l'offensive. Il vient de racheter le leader nord américain de la fabrication d'arômes et de certains extraits naturels très spécifiques à destination des industries de l'agroalimentaire, de la santé, de la nutraceutique et de la cosmétique. Sans révéler le montant de la transaction que le groupe financera sans difficulté grâce à la solidité de son bilan doté en fin d'année dernière d'une trésorerie nette de 63,6 millions et de fonds propres de 476,25 millions, Robertet vante la forte complémentarité des portefeuilles clients des deux sociétés. De quoi renforcer l'expertise du groupe français au moment de la sortie de crise.