Quel regard portez-vous sur les comptes du premier semestre ?
Benoit Bazin : Nous avons dégagé des résultats records. Nous avons complètement dépassé la crise sanitaire et nous ne comparons plus nos indicateurs par rapport à l’an dernier mais par rapport au premier semestre 2019 : notre résultat d’exploitation s’est apprécié de 53% pour s’établir à 2,37 milliards à partir d’un chiffre d’affaires de 22,13 milliards, lui-même en croissance organique de 11,9%, matérialisant un gain significatif de 3,1 points de marge ressortie à un record de 10,7% contre 5,6% au 1er semestre 2019. Autre performance, pour la première fois de notre histoire, le bénéfice net courant de Saint-Gobain dépasse sur un seul semestre le seuil des 1,5 milliard, en hausse de 60% par rapport à la même période pré-pandémique de 2019. Ces excellents résultats reflètent l’engagement et la mobilisation de nos équipes auxquelles je tiens à rendre hommage. Cette publication témoigne aussi de la réussite de notre plan de transformation « Transform & Grow » que le conseil d’administration de Saint-Gobain et son président Pierre-André de Chalendar m’avaient confié fin 2018. Il visait une nouvelle organisation du groupe, l’optimisation du portefeuille d’actifs et l’amélioration de la rentabilité. Ces trois objectifs sont aujourd’hui largement atteints et le groupe se trouve parfaitement positionné comme acteur de référence de la construction durable [ce que les anglo-saxons appellent « light & sustainable construction »]. Notre offre de solutions intégrées apporte à nos clients, de la construction comme de l’industrie, toutes les caractéristiques qu’ils attendent en matière de performance et de développement durable. Aujourd’hui, 120 pays représentant 70% du PIB mondial se sont engagés à l’horizon 2050 sur la neutralité carbone (et même 80% du PIB en intégrant la Chine qui s’est fixé cet objectif pour 2060) . Cette neutralité carbone ne pourra être atteinte qu’en décarbonant les bâtiments (40% des émissions), un marché sur lequel Saint-Gobain est le leader mondial. Ce qui devrait nous offrir trois décennies de croissance.