Quel regard portez-vous sur les comptes annuels de Rubis ?
Jacques Riou : Je les trouve très bons. Permettez-moi de resituer le contexte exceptionnellement délicat dans lequel Rubis évolue depuis la crise sanitaire avec un effondrement des prix du pétrole à 15 dollars en 2020 et une remontée des cours à 80 dollars l’an dernier. Ces deux derniers exercices ont soumis le groupe à une sorte de stress-test d’une rare violence sur son business model axé sur la distribution de produits pétroliers et le stockage. Quelles ont été les conséquences pour Rubis ? Par rapport à un exercice record en 2019, son résultat net a connu une contraction limitée de 9% en 2020 avec une structure financière complètement désendettée. L’an dernier, le bénéfice net ajusté a rebondi de 5% pour revenir quasiment à son montant record pré-pandémique à 5% près. Il s’est même inscrit en progression de 5% par rapport à 2019 sur les activités poursuivies. Avouez que Rubis a démontré la résilience de son modèle dans un environnement pourtant très compliqué. Nous ne sommes pas non plus restés inactifs avec la création d’un troisième métier dans le domaine des énergies renouvelables et bas carbone avec l’entrée au capital d’Hydrogène de France et le rachat actuellement en cours de 80% de Photosol, l’un des leaders français du photovoltaïque. Parallèlement, notre stratégie RSE a été renforcée avec une feuille de route claire sur les sujets environnementaux, sociaux et sociétaux associés à des objectifs ambitieux de décarbonation. Cette crise sanitaire a été l’opportunité de réfléchir sur la stratégie à long terme de Rubis et sur les moyens d’en faire un groupe énergétique plus diversifié et décarboné.