Le soufflé qui avait porté l’action Renault à plus de 40 euros en début d’année et encore en juillet après la publication des comptes semestriels est retombé. Depuis quelques semaines, le sentiment des investisseurs et des analystes financiers vis-à-vis du constructeur a changé et fait retomber l’action dans la zone des 35 euros. Comment l’expliquer ? Il y a d’abord l’essoufflement de la consommation des ménages après l’euphorie de la période post-covid. Le surcroît d’épargne a nettement diminué alors que les prix des voitures ne cesse d’augmenter (y compris avec les formules de location qui intègrent des conditions de prêt beaucoup moins attractives avec la remontée des taux). Confrontées à l’érosion de leur pouvoir d’achat, les ménages sont de moins en moins disposés à acquérir un véhicule neuf. Ensuite, le contexte concurrentiel sur le marché européen commence à se durcir avec d’une part les baisses de prix répétées initiées par le constructeur américain de véhicules électriques Telsa, et d’autre part le déferlement des constructeurs chinois sur le vieux continent avec des modèles de plus en plus attrayants, dotés des dernières technologies électriques et meilleur marché que ceux des constructeurs traditionnels. Si les ventes actuelles se tiennent encore bien, c’est parce qu’elles résultent des commandes passées il y a plusieurs mois. Mais la chute des commandes actuelles laisse présager des lendemains plus difficiles.