Rien n’y fait ! Ni le changement de dénomination (Korian est devenu Clariane en juin dernier), ni l’adoption du statut de société à mission (pour placer la performance sociale au cœur de la stratégie) n’ont permis d’enrayer la spirale baissière de l’action du groupe de maisons de retraite et des services de santé amorcée en janvier 2022 après la parution d’un livre à charge sur le secteur (Les Fossoyeurs de Victor Castanet). Depuis le début de l’année, la baisse atteint 45% et sur deux ans, c’est 80% de la valeur boursière qui est partie en fumée. Le cours est au plus bas historique. Les déboires rencontrés par le concurrent Orpea, principal groupe pointé du doigt dans le livre de Victor Castanet, ont visiblement jeté l’opprobre sur l’ensemble du secteur des maisons de retraite dont le modèle économique est par ailleurs devenu beaucoup moins rentable en raison des surcoûts destinés à offrir aux pensionnaires de meilleures conditions de vie. Dans ce contexte, Clariane n’a pourtant pas démérité en affichant au premier semestre 2023 une croissance organique de 9,3% de son chiffre d’affaires permise par des ajustements tarifaires (hausse des tarifs régulés notamment en Allemagne) et par l’amélioration des taux d’occupation des établissements (+2 points à 89,2% à fin juillet). Néanmoins, la rentabilité s’est érodée sous l’effet de l’inflation (hausse des salaires et de l’énergie) alors que la cadre tarifaire reste contraint. Raison pour laquelle l’excédent brut d’exploitation avant loyers n’a augmenté que de 2,9% tandis que le résultat après loyers à de son côté stagné à 285,3 millions d’euros.