Entre les rumeurs et la réalité, il y a souvent un fossé qui ne se comble jamais. Mais Force est de constater que le projet de fusion entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), évoqué depuis quelques mois en marge de l’affaire Ghosn, a avancé beaucoup plus vite que prévu. C’est le constructeur italo-américain qui a pris l’initiative en proposant à Renault une fusion entre égaux pour former le troisième constructeur automobile mondial avec 8,7 millions de voitures vendues dans le monde, un chiffre d’affaires de 170 milliards d’euros, un résultat opérationnel de 10 milliards d’euros et un bénéfice net de 8 milliards. Renault a décidé d’étudier « avec intérêt » cette proposition jugée amicale. A ce stade, Nissan et Mitsubishi, les deux autres membres de l’alliance conclue avec Renault, ne sont pas impliqués sur le plan capitalistique, mais ils auraient un rôle majeur à jouer dans l’expansion géographique de Renault et de Fiat Chrysler en Asie et bénéficieraient en contrepartie d’importants gains de synergie (1 milliard d’euros par an environ). Si l’on englobait les chiffres de l’alliance Renault-Nissan-Mistubishi, l’ensemble se hisserait même de loin à la première place du podium mondial avec 15 millions de voitures vendues chaque année, soit 50% de plus que les deux poursuivants que sont Toyota et Volkswagen.