Les premières semaines de 2020 ont confirmé et accentué une tendance déjà à l’œuvre en fin d’année dernière : les valeurs vertes sont devenues les nouvelles coqueluches de la cote. Le phénomène s’explique essentiellement par des raisons marketing. Sous la pression de leurs clients et pour se distinguer commercialement, les maisons de gestion sont de plus en plus enclines « verdir » leurs portefeuilles. La performance exceptionnelle du Neoen à la Bourse de Paris est un exemple parmi d’autres de ce « greenwashing ». Le titre de ce producteur indépendant d’énergie exclusivement renouvelable (essentiellement d’origine photovoltaïque et éolienne) grimpe de plus 40% sur six mois. Face à un tel engouement, les prises de bénéfices intervenues cette semaine, sur fond de regain de nervosité sur les actions pour cause de coronavirus, apparaissent plus que légitimes. Il n’empêche que Neoen est un dossier de qualité, l’une de ces valeurs que l’on peut placer en fond de portefeuille les yeux fermés. La société respecte à la lettre sa feuille de route en développant à marche forcée son portefeuille. 2019 n’a pas dérogé à la règle. Sur l’exercice achevé, le groupe présidé par Xavier Barbaro a augmenté de 800 MW ses capacités en opération ou en construction à 3 GW. Sur cette base, le chiffre d’affaires a bondi de 22% en données proforma (hors activité biomasse cédée en septembre 2019) pour atteindre 253,2 millions d’euros.