Le point bas a-t-il été atteint sur Trigano? Difficile à dire de prime abord. Depuis le début de l'année, cette très belle affaire familiale (contrôlée à 57,9% par la famille Feuillet) a déjà payé un lourd tribut à la crise avec un cours de bourse en recul de près de 33%. Son rebond de 10% depuis un mois montre que des investisseurs ont commencé à profiter des excès à la baisse mais le sursaut apparaît pour l'instant bien fragile. Rappelons que le groupe a un exercice fiscal décalé de septembre à août et qu'il a souffert l'année précédente d'un ensemble de facteurs exogènes comme le changement de normes anti-pollution Euro6d et d'éléments internes tels que des problèmes de production sur deux sites et des défauts d'approvisionnement en châssis Fiat. Trigano a bénéficié au premier semestre de l'exercice en cours d'un rattrapage d'activité avec le retour à une légère croissance de 2,3% du chiffre d'affaires à 1,16 milliard. Mais des coûts non récurrents que ce soit sur la restructuration des deux sites de Tournon et Sprendlingen ou des provisions pour malfaçon sont venus rogner de 1,1 point la marge opérationnelle courante à 7,7%. En revanche, la satisfaction concerne la structure financière du groupe avec un volume d'endettement net stabilisé à un niveau très raisonnable de 57,3 millions.