La concentration dans le secteur bancaire en Europe, appelé de ses vœux par le régulateur européen et par le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, tarde à se concrétiser dans les faits. Or, « il y a trop de banques en Europe », constatait récemment Jean Dermine, un professeur de l’Insead, dans une interview accordée au quotidien Les Echos, qui déplorait que « les restructurations y soient difficiles ». Quelques opérations ont déjà eu lieu, comme en Espagne avec les rapprochements ente CaixaBank et Bankia, et entre Liberbank et Unicaja, ou en Italie où Itesa Sanpaolo a acquis sa concurrente Ubi Banca. En revanche, aucun mouvement transfrontalier d’ampleur n’est à signaler pour le moment. La tentative d’acquisition de la banque lombarde Creval par le Crédit Agricole constitue une petite opération. Dans ce panorama, Société Générale possède la double casquette. Elle est souvent citée parmi les cibles potentielles, et un hypothétique rapprochement avec BNP Paribas fait partie des vieux serpents de mer boursiers. Mais elle pourrait également se porter acquéreur d’un établissement concurrent. La solidité de son bilan le lui permet. Avec la reprise économique qui s’annonce, et alors qu’elles se sont concentrées tout au long de 2020 au financement des économies nationales, les banques pourraient se lancer dans des opérations de consolidation à compter de la seconde partie de l’année.