Rappelez-nous les grands enjeux du plan stratégique destiné à faire de Nexans un leader mondial de l’électrification unique et intégré ?
Christopher Guérin : Le cabinet KPMG nous a récemment décerné le prix du meilleur plan stratégique et nous en sommes très fiers. Un gros travail historique sur la genèse de Nexans a été réalisé pour définir les grandes lignes du plan stratégique. Créé il y a 120 ans pour supporter les pionniers de l’électricité comme Edison, Tesla, Benjamin Franklin, qui avaient besoin de câbles pour conduire l’électricité, le groupe s’est concentré pendant les quatre-vingt premières années de son histoire sur l’électrification de la planète. Celle-ci s’est déroulée en deux grandes étapes, la première entre 1890 et 1910 avec l’installation des premiers réseaux électriques et la deuxième entre 1950 et 1970 marquée par l’électrification des plateformes pétrolières, le développement de tous les réseaux et l’électrification des bâtiments. A partir de 1990, Nexans a commencé à se diversifier sur de nouveaux relais de croissance comme les télécoms, l’automobile ou l’industrie. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère 2020-2040 de très forte demande d’électrification équivalente à celle de l’après-guerre (entre 1950 et 1970) alimentée par la bascule des énergies fossiles vers le renouvelable (l’éolien, le solaire), le besoin de renouvellement des réseaux électriques vieillissants pour répondre à l’augmentation de la consommation d’électricité liée aux usages à l’instar de ce qui a été réalisé sur le réseau télécom avec la fibre optique. Pour bénéficier à plein de cet hyper-cycle, Nexans a besoin de se recentrer sur les métiers de l’électrification (énergies renouvelables, interconnexions sous-marines et terrestres entre les continents, renouvellement du réseau électrique) et de réduire la complexité dans la gestion du groupe.