Quel bilan tirez-vous d’une année boursière 2022 compliquée ?
Alexandre Hezez : Effectivement, 2022 restera une année compliquée que l’on peut décomposer en deux périodes. La première, jusqu’au mois de juillet, dominée par une accumulation de facteurs de risques géopolitiques bien évidemment avec la guerre en Ukraine mais aussi sanitaires en Chine avec la politique de tolérance zéro covid et une flambée d’inflation auto-alimentée par les hausses des salaires et des prix de l’énergie. En retard dans la normalisation de leur politique monétaire, les banques centrales ont alors brutalement remonté leurs taux directeurs. Depuis fin septembre, une deuxième étape se dessine, plus positive sur les marchés actions. Et ce, à la faveur de bonnes nouvelles sur les premiers signes de stabilisation, voire même décrue des chiffres d’inflation aux Etats-Unis, sur les échecs de la Russie en Ukraine, sur un assouplissement très progressif des mesures de restriction sanitaires en Chine et sur le peu d’impact de la victoire de Giorgia Meloni aux élections législatives en Italie. Aux Etats-Unis, la neutralisation au Congrès des partis conservateurs et républicains à l’issue du scrutin de mi-mandat constitue un élément rassurant pour les marchés en évitant un dérapage des finances publiques. Au final, les marchés actions ne s’en sortent pas trop mal. C’est surtout sur le compartiment des dettes que la correction a été violente avec un krach obligataire provoqué par la détermination des banques centrales à lutter contre l’inflation pour éviter de revivre le choc des années 1970. Face à la très belle résilience des profits des entreprises qui, dans l’ensemble, sont parvenues jusqu’à présent à défendre leur marge en remontant leurs prix,la forte remontée des taux d’intérêt a conduit à un ajustement à la baisse des ratios de valorisation des actions.