La lettre de la bourse : L’exercice 2022 a été difficile sur le plan de la rentabilité pour le groupe puisque la marge opérationnelle a chuté de 4,3 points pour retomber à 3,9% malgré une progression de 7,4% du chiffre d’affaires. Comment l’expliquez-vous ?
Mathieu Coutier : le principal sujet concerne les difficultés à répercuter à nos clients les hausses de coûts que nous avons acceptées de nos fournisseurs pour assurer nos livraisons. L’impact total de ces hausses a porté l’an dernier sur 84 millions d’euros. Il n’a été répercuté en moyenne qu’à hauteur de 55%. Les 45% manquants expliquent la dégradation de la rentabilité. Si la répercussion des prix des matières premières a été globalement possible grâce aux accords et mécanismes d’indexation dans les contrats avec les clients, il n’en a pas été de même pour l’inflation sur les composants, l’énergie ou encore les salaires et le transport. Nos clients demandent qu’on leur justifie les hausses subies avant d’accepter une répercussion dans nos prix de vente, même si contractuellement, ils n’ont aucune obligation de la faire. A l’inverse, nous avons des engagements de livraisons, tandis que certains de nos fournisseurs ne sont pas toujours scrupuleux envers leurs obligations. La répercussion sur nos prix de vente ne peut donc se faire qu’avec un décalage dans le temps.