La lettre de la bourse : Que vous inspirent les chiffres du premier trimestre de Vallourec ?
Philippe Guillemot : Les résultats du premier trimestre confortent la stratégie mise en place il y a deux ans, au terme de la restructuration financière survenue à un moment où le groupe était en situation de quasi-faillite. Nos marges continuent de progresser et l’excédent brut d’exploitation par tonne est l’un des plus élevés depuis 15 ans. Par ailleurs, nous avons pris de l’avance sur l’objectif de désendetter totalement Vallourec avant la fin de 2025. Sur les trois premiers mois de l’année, les volumes s’inscrivent en baisse en raison des restructurations engagées en Allemagne où nous avons fermé nos deux sites en vue de transférer un tiers de la production, celle qui correspond à la partie dédiée au pétrole et au gaz, vers le Brésil dans le cadre d’une revue de notre emprunte industrielle. Notre base de coûts en Europe était beaucoup plus élevée qu’ailleurs eu égard au niveau des prix de l’énergie et des salaires, sans compter la quasi-absence de marchés domestiques. En ce qui concerne l’évolution des prix de vente, nous sommes restés très disciplinés dans notre approche du marché en nous focalisant sur les clients cherchant des solutions techniques premium . Nous privilégions désormais la valeur aux volumes. Aux Etats-Unis les prix continuent de baisser malgré un contexte général pourtant favorable et des inventaires faibles dans les réseaux de distribution. Il faut sans doute y voir l’effet de la décision de l’administration américaine de limiter les exportations de gaz GNL. Dans cette zone, nous anticipons des volumes stables jusqu’à la fin de l’année avec une poursuite de la pression sur les prix. A l’inverse, le reste du monde se porte très bien, en particulier le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud. Le segment offshore est également très dynamique et nous permet de proposer nos solutions les plus techniques.