Décidément, les prises de bénéfices que tous les experts et les boursicoteurs aguerris appellent de leurs voeux ne viennent pas. Elles seraient pourtant légitimes au regard de la très belle performance de l'indice CAC 40 observée en cinq mois (+17%). Mais le marché parisien aura fait mentir le vieil adage du "sell in may and go away" (prend tes profits en mai et sort du marché). Au contraire, que ce soit à Wall Street ou à Paris, les indices tutoient les sommets avec la référence parisienne des quarante plus grosses capitalisations à un peu plus de 6500 points, un record depuis septembre 2000. A peine 500 points la séparent des niveaux historiques des 7000 points inscrits à l'été 2000 avant l'éclatement de la bulle internet. Rien ne paraît faire obstacle à un test de ce seuil mythique au cours des prochains mois. Pourquoi? D'abord parce qu'en Europe, les économies sont en train de se libérer des restrictions sanitaires grâce au succès tardif (par rapport aux Etats-Unis) des campagnes de vaccination. Encore en récession au premier trimestre, l'économie du vieux continent va renouer avec une forte croissance soutenue par les premiers déblocages du plan de relance européen de 750 milliards d'euros. Ensuite, les entreprises ont fait part au premier trimestre de publications d'excellente qualité malgré un environnement encore contraint par les confinements en Europe. Les messages sont très positifs en dépit des goulets d'étranglement liés à la forte reprise de la demande et des pénuries de certains composants comme les puces électroniques. Certains groupes n'ont pas attendu pour déjà relever leurs ambitions pour cette année à l'instar de Schneider Electric, de Saint-Gobain, de Téléperformance, de STMicroelectronics et autres.....Alors les investisseurs les plus sceptiques sur cette hausse des marchés arguent de niveaux de valorisation élevés.