Après les dérèglements climatiques de l'été, il était facile à notre ministre des transports, Clément Beaune, de faire un peu de démagogie pour faire le buzz en cette rentrée politique à haut risque pour le gouvernement. Son souhait annoncé de réguler le trafic des jets privés en France en vue de participer à l'effort de décarbonation du pays n'a pas été du gout des investisseurs. Le titre Dassault Aviation s'est inscrit aujourd'hui en net recul de plus de 5% dans un marché mal orienté. Le mouvement de prises de bénéfices est tout relatif sur une valeur qui affiche la troisième plus forte hausse de l'indice du SBF120 depuis le début de l'année. Encore boudé l'année dernière par une bonne partie des investisseurs en raison de la présence du groupe sur le segment des avions de combat peu recommandable d'un point de vue des critères éthiques de bonne gouvernance, le titre Dassault Aviation a véritablement redécollé avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et avec des tensions géopolitiques sans doute les plus élevées depuis la seconde guerre mondiale, ce célèbre constructeur d'avions d'affaires avec sa gamme de Falcon et d'appareils de combat, avec les Rafale, dispose d'un horizon complètement dégagé. L'heure est en effet à la hausse des budgets militaires aux quatre coins de globe et Dassault Aviation commence à en récolter les premiers fruits. La Grèce n'a-t-elle pas acheté des Rafales d'occasion il y a bientôt un an pour reconstituer sa force de dissuasion face aux volontés hégémoniques de son voisin turque? Même chose pour la Croatie. Plus représentatif de ce mouvement de réarmement général est la méga-commande de 80 Rafale signée en avril par les Emirats Arabes Unis et l'annonce par l'Indonésie d'un projet de 42 appareils. En intégrant les avions destinés à l'armée française, Dassault Aviations dispose en carnet de 165 Rafale pour une valeur de 29,8 milliards sans prendre en compte les 42 appareils souhaités par l'Indonésie.