La publication des comptes de l’exercice 2022/2023 clos le 30 juin dernier a laissé les investisseurs sur leur faim. La dynamique du géant français des spiritueux a pourtant accéléré au dernier trimestre avec une croissance organique des ventes de 19% qui permet une progression de 10% sur l’ensemble de l’année, mais elle a été marquée par la faiblesse des Etats-Unis, où le chiffre d’affaires sur douze mois est resté stable. L’essentiel de cette croissance vient des augmentations de prix (+8% en moyenne) destinées à compenser l’inflation des intrants tandis que les volumes ont connu une hausse modeste de 1%. Côté rentabilité, la croissance interne de 11% du résultat opérationnel courant a dépassé l’objectif de 10% que s’était fixée la direction, notamment grâce à l’optimisation de la stratégie de prix et aux efficacités opérationnelles, mais l’impact de changes a été plus négatif que prévu (70 millions d’euros lié à l’évolution défavorable de la livre turque et d’autre devises émergentes). Enfin au niveau du bilan, il faut noter une augmentation de 1,6 milliard d’euros de la dette nette qui monte à 10,2 milliards malgré une génération de cash positive de 1,6 milliard. Cela s’explique par les dernières acquisitions (Sovereign Brands, Codgo, Skrewball) mais aussi par une politique de retour aux actionnaires plus agressive avec notamment des rachats d’actions pour 750 millions d’euros qui complètent le dividende.