Visiblement, les investisseurs ont acheté la feuille de route proposée par Benjamin Smith, le directeur général d’Air France-KLML, pour les prochaines années si l’on en juge la réaction positive sur le titre qui ne gagne toutefois que 10% depuis le début de l’année et perd encore 45% de sa valeur sur trois ans. Il est vrai que le directeur général de la compagnie aérienne s’est fixé un objectif ambitieux consistant à augmenter le résultat opérationnel de 2 milliards d’euros d’ici les cinq prochaines années, ce qui porterait la marge à plus de 8% des ventes à l’horizon 2028. Pour mémoire, le dernier plan bâti sur la période 2024 à 2026 visait déjà un doublement de la marge par rapport à 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire. Air France KLM a déjà réalisé une bonne partie du parcours puisque la marge opérationnelle des neuf premiers mois de 2023 a atteint 7,8%, tout en restant inférieure à celle du grand concurrent Lufthansa (8,5%). L’embellie s’explique par la reprise du trafic aérien qui a permis de restaurer le coefficient de remplissage autour de 90%, conjuguée à une baisse des frais salariaux liée à la diminution des effectifs (78000 actuellement contre 86000 avant la pandémie). Cette période de reprise a aussi permis aux compagnies d’augmenter leurs prix pour plus que compenser la hausse du coût du kérosène.