Quel regard portez-vous sur les comptes du premier semestre ?
Christian Cassayre : Sans surprise, les comptes sont fortement pénalisés par la Covid dont l’impact s’est traduit au deuxième trimestre par des baisses sensibles de volume, à la fois en travaux et dans les concessions, qui n’ont pas permis de couvrir les frais fixes comme par le passé. La forte contraction de l’activité n’a heureusement pas été linéaire sur l’ensemble du deuxième trimestre et a laissé place à une reprise des volumes et du trafic autoroutier puisque notre concession APRR affichait un niveau de trafic sur juillet-août proche de celui de 2019. Concernant les travaux, l’activité a baissé deux fois plus en France qu’à l’international (- 21,7 % contre - 11 %) en raison des mesures plus strictes prises dans l’hexagone qui ont entrainé l’arrêt de la plupart des chantiers pendant un mois et demi. Malgré tout, ce semestre à l’épreuve de la crise sanitaire a montré la résilience de notre business model de constructeur-concessionnaire avec une marge opérationnelle courante positive bien qu’en baisse à 3,8 %, des flux de trésorerie opérationnels positifs (avant investissements) et une perte nette limitée à 8 millions d’euros compte tenu d’un effet de saisonnalité important dans nos métiers. Enfin, alors que nous avons réalisé des acquisitions significatives, notre endettement net n’a augmenté que de 200 millions d’euros sur 12 mois pour s’établir à 10,9 milliards d’euros.
Chiffrez-vous l’impact de la crise sanitaire ?
C. C : Compte tenu de la performance des deux premiers mois de l’année -en ligne avec la tendance de 2019 -et d’un carnet de commandes très robuste-, Eiffage aurait dû en l’absence de la crise sanitaire réaliser un premier semestre au moins équivalent à celui de l’an dernier. En travaux, la marge a chuté à - 2,5 % (contre 1,6 % un an auparavant), soit un recul de 4 points attribuable à l’épidémie (- 6 points en France et - 2 points à l’international pour les métiers du BTP hors énergie services et immobilier). Au final, le manque à gagner en termes de chiffre d’affaires est évalué à 1,8 milliard d’euros dont 1,4 milliard d’euros pour la partie travaux et 400 millions d’euros pour les concessions, et à un peu moins de 600 millions d’euros en résultat opérationnel.