Le regain de croissance enregistré par FDJ au troisième trimestre est-il conforme à vos attentes ?
Pascal Chaffard : Absolument, la période estivale a confirmé la bonne dynamique intervenue dans notre activité depuis la mi-juin. Les joueurs ont repris le chemin des points de vente tandis que le redémarrage d’Amigo, que nous avions arrêté pour éviter les risques de propagation de l’épidémie, a été un succès. A cela s’est ajouté un autre effet positif, plus circonstanciel : la concentration d’événements sportifs sur l’été, en particulier sur le mois d’août. Au global, les mises ont progressé de 6 %, à 4,4 milliards d’euros, incluant un bond de 27 % pour les paris sportifs et une hausse de 1 % pour la loterie. Sur cette dernière activité, il convient de souligner que la base de comparaison était défavorable puisque le mois de septembre de l’année dernière avait bénéficié d’un surcroît de mises lié à l’attrait de cycles long des jackpots Loto et Euromillions. Si l’on retraite nos performances de ces éléments non récurrents, notre croissance a renouée avec les mêmes tendances qu’en 2019, ce qui est satisfaisant au regard du contexte sanitaire.
Comment ont évolué les mises digitales ?
P.C. : Notre activité de loterie digitale, qui avait doublé pendant le confinement, a maintenu un rythme supérieur à sa croissance habituelle au troisième trimestre. Le total des mises en ligne a représenté près de 0,4 milliard d’euros, matérialisant une croissance tout à fait significative de 44 %. Les habitudes prises par les joueurs au paroxysme de la crise sanitaire ne se sont donc pas estompées. Mais le boom du digital n’est pas uniquement lié aux mises en ligne. L’utilisation du smartphone pour préparer des mises qui sont ensuite validées dans les points de vente participe également à ce développement. Les mises en points de vente ont aussi été en croissance au troisième trimestre (+3,4 %). Quelque part, la crise sanitaire conforte le bien-fondé de notre modèle omnicanal combinant jeux en point de vente et expérience digitale. Cependant, même si 20 % de notre activité commerciale est aujourd’hui digitalisée, comparé à 5 % en 2014, nous avons encore des marges de progression sur l’activité purement en ligne n’ayant pas atteint le niveau de certaines autres loteries en Europe.