A peine Worldline a-t-il bouclé l’OPA sur Ingenico que l’italien Nexi-Sia s’est offert au mois de novembre le danois, Nets. La consolidation s’accélère visiblement en Europe. Y a-t-il encore des opportunités de taille importante à saisir pour Worldline ?
Gilles Grapinet : Oui. Nous ne sommes qu’au milieu du gué en matière de consolidation. Le marché demeure encore très fragmenté puisque Worldline, quoique leader en Europe, ne détient par exemple que 10% de parts de marché sur le segment des services aux commerçants et de l’ordre de 15% dans les services de processing pour les banques. Que ce soit avec les rachats d’Equens, de Six Payments ou d’Ingenico par Worldline et de Sia et Nets par l’italien Nexi, le mouvement de consolidation est clairement en train de s’accélérer et nous continuerons d’y jouer un rôle majeur. C’était d’ailleurs le premier objectif de l’introduction en Bourse de Worldline en 2014. La concentration a peu touché des pays comme l’Espagne, le Portugal, la Suède, la France, la Pologne ou la Grèce qui représentent autant d’opportunités potentielles avec parfois des volumes transactionnels importants. L’Europe reste ainsi notre cœur de cible. D’ailleurs nos clients, commerçants ou établissements de crédit, ont aussi besoin de cette consolidation pour proposer à leurs propres clients des services de paiement plus innovants et moins chers. Aujourd’hui, nous sommes par exemple capables à partir d’un seul contrat d’assurer à nos clients une prestation globale à travers toute l’Europe, en magasin et sur internet.