Edenred trop prudent?
Ce leader mondial des solutions de paiement dans le monde du travail s’est attiré les foudres du marché pour des perspectives jugées beaucoup trop conservatrices. Une opportunité à saisir?

Le marché a peu goûté le message empreint de prudence du patron d’Edenred, Bertrand Dumazy, sur les objectifs de l’année même s’il a pris soin de préciser qu’il s’agissait d’un minimum. L’action de ce leader mondial des solutions de paiement dans le monde du travail (tickets restaurant, chèques cadeau pour les salariés, cartes de péages et d’essences pour le personnel et paiements interentreprises) a sévèrement décroché au début de la séance d’hier (-5,8%) jusqu’à un plus bas de 44,63 euros avant de se ressaisir dans la foulée de rachats à bon compte. Car Edenred a témoigné l’an dernier dans le cadre de la crise sanitaire d’une bonne résilience avec un excédent brut d’exploitation ressorti en décroissance organique limitée de 4,6% à 580 millions parfaitement en ligne avec le consensus de marché et la fourchette située entre 550 et 600 millions communiquée par le management. La performance traduit une érosion contenue de 1,1 point de la marge à 39,6% d’un chiffre d’affaires opérationnel de 1,42 milliard, en repli de 1,6% en comparable (-9,4% avec la prise en compte d’effets de change très défavorables liés à la dépréciation du real brésilien). Dans le détail, on notera l’amélioration très encourageante observée au second semestre de la rentabilité brute d’exploitation de 0,8 point et le retour à une dynamique interne positive de 0,9% au troisième trimestre qui s’est accélérée en fin d’année (+1,2% au quatrième trimestre) malgré la mise en place de nouvelles mesures de confinement en Europe.
Un dividende plus élevé que prévu
Autre satisfaction : la génération de flux nets de trésorerie plus de deux fois supérieure aux attentes du marché. Elle s’est élevée à 640 millions quand les estimations les plus optimistes tablaient sur 280 millions. Une performance dont s’est servi Edenred pour accélérer son désendettement à à 1,12 milliard (contre 1,29 milliard fin 2019) et proposer à ses actionnaires une augmentation non négligeable de 7,1% du dividende à 0,75 euro par action légèrement plus élevé que prévu (0,73 euro). Pour autant, le marché a préféré retenir des perspectives jugées trop basses et donc décevantes pour sanctionner l’action Edenred. Il est vrai que l’objectif d’une croissance organique d’au moins 6% de l’excédent brut d’exploitation pour cette année est deux fois moins ambitieux que les attentes (+13,3%). Ce qui ne pardonne pas pour un titre affichant des niveaux de valorisation exigeants en absolu (PER de 34,9 et 29,9 fois les profits estimés pour cette année et 2022) par rapport au reste de la cote que nous considérons toutefois justifiés par le profil défensif et la visibilité sur le long terme de la société. Aussi recommandons-nous à nos abonnés déjà actionnaires de conserver leur position. Les autres guetteront un reflux du titre à moins de 44 euros pour l’acheter.
Notre conseil : achetez Edenred sur repli à moins de 44 euros pour viser un objectif de cours de 50 euros (code : FR0010908533).
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Edenred : beaucoup de mauvaises nouvelles déjà dans les cours
L’inventeur du ticket restaurant a perdu de sa superbe en bourse après plusieurs affaires judiciaires qui ne remettent pourtant pas en cause son modèle économique ni sa capacité à dégager beaucoup de cash pour les actionnaires.

Edenred injustement pénalisé par des risques exogènes
L'assemblée générale des actionnaires de ce leader mondial des services de paiement au monde du travail a permis aux dirigeants de rassurer sur les conséquences d'une réforme en France des tickets restaurants et des démêles avec la justice italienne. Le titre est revenu à des ratios de valorisation très raisonnables au regard de la forte visibilité sur les perspectives de croissance.

Julien Tanguy, directeur général Finance d’Edenred : « Nous sommes confiants pour améliorer notre excédent brut d’exploitation d’au moins 12% en 2024 et en 2025 ».
Le dirigeant de ce spécialiste des services d'avantages aux salariés nous explique comment Edenred entend bénéficier du potentiel de croissance de ses marchés ainsi que des synergies liées aux dernières opérations de croissance externe.

Edenred, une valeur sûre
Le titre de ce leader mondial des services de paiement au monde du travail est victime depuis quelques jours d'arbitrage en faveur de son concurrent, Pluxee, l'ancienne filiale de Sodexo toujours juste cotée en Bourse. Une opportunité pour revenir à l'achat sur Edenred qui dispose d'une excellente visibilité sur ses perspectives.