Edenred à la recherche d’un nouveau souffle
Après avoir atteint un record historique le jour de son intégration u sein du CAC 40 et après le relèvement des perspectives de l’année, le titre de ce leader mondial des services et des paiements à l’adresse du monde du travail est à la recherche de nouveaux catalyseurs.

Beaucoup de bonnes nouvelles intégrées dans les cours de l’action Edenred? C’est vraisemblablement l’analyse que se font les investisseurs depuis quelques semaines. Il est vrai que le titre de cette ancienne filiale d’Accor devenue aujourd’hui un leader mondial des services et des paiements à l’adresse du monde du travail affiche depuis le début de l’année un très beau parcours (+14%) et a profité ces dernières semaines de plusieurs catalyseurs très positifs comme son intégration le 16 juin après la clôture au cercle prestigieux des quarante plus grosses capitalisations boursières ou encore le relèvement de ses objectifs financiers à l’issue d’un premier semestre une nouvelle fois remarquable. Cher en absolu par rapport au reste du marché avec des multiples de 29,4 et 24,3 fois les profits estimés pour cette année et 2024 et en relatif par rapport à sa moyenne de long terme de 27,4 fois (sur la période 2010-2022), le titre fait l’objet depuis l’atteinte le 16 juin de son record historique de 62,40 euros de prises de bénéfices assez logiques. Celles-ci n’enlèvent rien à la qualité des fondamentaux de ce très beau dossier présent pour l’essentiel en Europe et en Amérique du sud sur le marché très atomisé des avantages et récompenses aux salariés (tickets restaurant, chèques cadeaux) et qui a su trouver de nouveaux relais de croissance dans les solutions de mobilité pour les professionnels (cartes de péage et cartes carburant) et dans le paiement inter-entreprises. Devenue une société de high tech, Edenred propose ses offres dématérialisées (à 95%) travers une plateforme technologique performante et sécurisée. Celle-ci gère 40 milliards de transactions par an et le groupe compte un portefeuille d’un million d’entreprises clientes et de 60 millions d’utilisateurs. Fortement générateur de flux de trésorerie, le model d’Edenred est particulièrement adapté au contexte actuel d’inflation puisque la valeur faciale des tickets a tendance à augmenter et la hausse des taux d’intérêt permet une meilleure rémunération des sommes déposées par les entreprises pour l’émission des tickets.
Une rentabilité en hausse de 3,1 points sur le semestre à 41,5%
C’est ainsi que sans véritable surprise, le groupe a dépassé les attentes en dévoilant des comptes semestriels de grande qualité. En croissance organique de 25,5%, les revenus se sont élevés à 1,16 milliard et se composent d’un chiffre d’affaires opérationnel issue des offres d’Edenred en hausse de 20% à 1,08 milliard et d’un quasi triplement des produits financiers à 82 millions grâce à la remontée des taux d’intérêt. L’effet volume est sensible sur la rentabilité avec un excédent brut d’exploitation qui s’est apprécié de 35,2% en comparable pour s’établir à 483 millions, reflétant un gain de 3,1 points de la marge à 41,5%. Dans le détail, les trois métiers (avantages et récompenses, solutions de mobilité pour les professionnels et paiement inter-entreprises) et les zones géographiques ont contribué de façon homogène à la performance d’Edenred. A noter que la nouvelle filiale britannique Reward Gateway rachetée pour 1,3 milliard d’euros n’est consolidée que depuis le mois de mai. Son apport va soutenir la tendance du groupe au second semestre. Raison pour laquelle le groupe n’a pas hésité à relever ses objectifs de l’année. Là où il visait une croissance organique d’au moins 12% de son excédent brut d’exploitation en ligne avec les ambitions du plan stratégique « Beyond », il anticipe désormais une progression de 18% à 26% de cet indicateur espéré dans une fourchette comprise entre 1,02 et 1,09 milliard. A plus long terme, la tendance n’a pas de raison de s’essouffler. Nos abonnés déjà en position sur le titre le conserveront. Les autres guetteront un reflux à moins de 55 euros pour commencer à l’acheter.
Notre conseil : conservez Edenred ou achetez le titre à moins de 55 euros pour viser un objectif de cours de 65 euros (code : FR0010908533).