Séché Environnement : de retour dans une zone d’achat
Le spécialiste de la gestion des déchets s’apprête à boucler un exercice 2025 assez délicat mais le potentiel d’amélioration des marges à partir de 2026 est important et la valorisation est devenue attractive après la baisse du cours. A moyen terme, les marchés du groupe resteront portés par les réglementations en vue de limiter les impacts des activités industrielles sur l’environnement.

Séché Environnement aura peut-être du mal à tenir son objectif de chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1,18 milliard d’euros pour 2025. Cela impliquerait une croissance de 1% sur le dernier trimestre alors que la base de comparaison de 2024 était élevée et que la tendance des derniers mois devrait se poursuivre. Si, à fin septembre, les facturations du spécialiste de la gestion des déchets (y compris les plus complexes et dangereux) progressaient de 8,3% en publié et de 3,8% en organique, la situation a été moins favorable au troisième trimestre avec un recul organique de 2,9%. En cause, une contraction des activités d’économie circulaire en France et en Espagne et le retour à une situation plus normative des activités de gestion de la dangerosité après les contrats exceptionnels comptabilisés au troisième trimestre 2024. En France, le groupe a subi la baisse des prix de la vente d’énergie (vapeur et électricité) ainsi que la contraction des activités de purification chimique à destination d’une clientèle d’entreprises chimiques en difficulté. Ces activités ont suivi la même tendance en Espagne. Le deuxième semestre sera donc moins positif que le premier qui a été marqué par un redressement des marges. Le résultat opérationnel courant avait bondi de 66% et le bénéfice avait presque doublé en partant toutefois d’une base de comparaison faible.
De nouveaux clients et de nouveaux marchés
En 2026, Séché devrait bénéficier d’une amélioration de ses marges dans le traitement des eaux industrielles ainsi que d’une croissance plus soutenue de la filiale singapourienne Eco avec la montée en puissance de son incinérateur de suies de carbone. Cette filiale a déjà généré une marge d’excédent brut d’exploitation de 42,6% au premier semestre 2025, contre 20,4% pour l’ensemble du groupe. Le groupe dirigé par Maxime Séché table aussi sur une embellie dans les activités de purification chimique grâce au déploiement de nouvelles molécules chimiques à destination d’une clientèle élargie d’industriels de la biochimie, de la pharmacie ou de la cosmétique. Il bénéficiera aussi du rachat en cours du groupe Flamme, dernier acteur indépendant du marché français des déchets dangereux (20 millions d’excédent brut d’exploitation attendu pour un chiffre d’affaires de 100 millions), grâce à une situation financière améliorée (l’endettement net était revenu à 2,9 fois l’excédent brut d’exploitation en juin 2025 contre 3 fois en juin 2024 et 3,2 fois en décembre 2024). A moyen terme, de nouveaux marchés devraient s’ouvrir sous l’effet des opinions publiques et des réglementations pour limiter l’impact des activités industrielles sur l’environnement. Après une baisse de plus de 10% du cours depuis le début de l’année, l’action ne capitalise plus que 8,5 fois les bénéfices attendus par le consensus en 2026 tandis que la valeur d’entreprise est retombée à seulement 5,3 fois la prévision d’excédent brut d’exploitation.
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