Derichebourg : encore des catalyseurs pour 2026
Le spécialiste du recyclage de métaux a terminé son exercice 2024/2025 mieux que prévu et démarre la nouvelle année avec une base de comparaison plus favorable. Il devrait bénéficier des nouvelles mesures prises par l’Union Européenne pour freiner les importations d’aciers en provenance de Chine.

L’exercice 2024/2025, clos le 30 septembre dernier aura été finalement très satisfaisant pour Derichebourg. Si le chiffre d’affaires a reflué comme prévu de 7,5% pour retomber à 3,33 milliards d’euros dans une conjoncture peu favorable tant au niveau des volumes de métaux recyclés (-7,8%) que du prix de la ferraille (-8,2%), l’excédent brut d’exploitation a dépassé les attentes en s’inscrivant à 319,5 millions d’euros alors que la direction avait abaissé sa prévision entre 300 et 310 millions en septembre dernier compte tenu de l’absence de reprise après l’accord commercial conclu avec les Etats-Unis. Une performance rendue possible par un mois de septembre très dynamique dans le recyclage. Les livraisons de matières recyclées sur les dernières semaines de l’exercice ont dégagé davantage de marge commerciale qu’anticipé. Parallèlement, le groupe a bénéficié d’économies de coûts (électricité, frais variables), si bien que la marge d’excédent brut d’exploitation s’est légèrement améliorée, passant de 9,2% à 9,6% en un an. Le bond de 63% du bénéfice (122 millions) est plus spectaculaire en raison du redressement de la filiale de restauration collective Elior, dont Derichebourg détient 48,17% du capital et dont les résultats sont consolidés par mise en équivalence. La quote-part de résultat d’Elior, qui était négative de 19 millions d’euros en 2023/2024, est devenue positive de 42,4 millions.
Une situation financière maitrisée
L’exercice 2025/2026 offre encore une visibilité réduite mais devrait bénéficier d’une base de comparaison plus favorable sur les volumes et les prix, même si les volumes restent tributaires des deux plus grands marchés finaux que sont la construction et l’automobile. Le groupe mise aussi sur les évolutions réglementaires européennes, avec la mise en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières dès le 1er janvier 2026 et la réforme du système des droits de douane sur les aciers importés dans l’Union Européenne. Ces mesures devraient favoriser les clients aciéristes de Derichebourg, dont les taux d’utilisation et les volumes achetés devraient progresser. Dans ce contexte, la direction table sur un chiffre d’affaires au moins égal à celui de 2024/2025, avec un excédent brut d’exploitation compris entre 320 et 350 millions d’euros, tandis que la contribution de la filiale Elior devrait augmenter et faire progresser les résultats. Le consensus table sur un bénéfice de 131 millions d’euros, capitalisé à peine plus de 8 fois sur la base des cours actuels de l’action. Au niveau du bilan, l’endettement net a diminué de 30,9 millions en 2025 pour retomber à 682 millions d’euro, soit 2,14 fois l’excédent brut d’exploitation et 61% des fonds propres. L’augmentation des résultats et le retour au dividende d’Elior devraient accélérer la génération de cash et le désendettement.
Notre conseil : achetez Derichebourg à 6,60 euros pour viser 8,20 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000053381 et DBG.