Safran : une visibilité très enviable
Le motoriste aéronautique continue de croitre à un rythme à deux chiffres sur un secteur où la demande reste forte et où les marges se révèlent particulièrement robustes. Le carnet de commandes bien rempli laisse augurer à nouveau plusieurs années de forte croissance et assure une visibilité exceptionnelle.

Comme pour la plupart de ses clients avionneurs, Safran n’a actuellement qu’un seul défi à relever : livrer les commandes en temps et en heure alors que la demande finale dans le secteur aéronautique n’a jamais été autant soutenue du fait de la croissance du trafic aérien, et que les contraintes d’approvisionnement n’ont pas complètement disparu. Le motoriste est tout de même parvenu à augmenter ses cadences de production et à faire progresser son chiffre d’affaires de 15% sur les neuf premiers mois de l’année 2025, grâce notamment à ses activités de propulsion qui comprennent les activités d’après ventes comme les pièces de rechanges et les services, dont la rentabilité est particulièrement élevée. Le groupe fait également preuve de dynamisme dans le domaine des trains d’atterrissage et des activité liées à l’avionique, à la défense et à l’espace. Ses activités d’équipement des cabines d’avions civils, héritées du rachat de Zodiac, sont également portées par le cycle aéronautique, mais des rumeurs ont récemment fait état de leur possible cession. Fort de ce dynamisme, la direction a relevé fin octobre ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice 2025 en tablant sur une croissance de 11% à 13% du chiffre d’affaires (au lieu de 10% à 12% précédemment) et sur un résultat opérationnel de 5,1 à 5,2 milliards d’euros (au lieu de 5 à 5,1 milliards), avec un cash-flow libre de 3,5 à 3,7 milliards en prenant l’hypothèse d’une augmentation de 20% du nombre de livraisons de moteurs de nouvelle génération LEAP par rapport à 2024. Ces prévisions tiennent compte de l’impact des droits de douane, estimé entre 100 et 150 millions d’euros sur le résultat opérationnel courant.
Une belle position de cash au bilan
Il y a un an, Safran avait dressé une feuille de route assez prudente à l’horizon 2028 en prévoyant une croissance moyenne annuelle de 7% à 9% du chiffre d’affaires et de 10% à 13% du résultat opérationnel courant avec une génération de cash-flow cumulée de 15 à 17 milliards d’euros entre 2024 et 2028 dont 70% doit être redistribuée aux actionnaires sous forme de dividendes, mais aussi de rachats d’actions (5 milliards d’euros en quatre ans). Il est probable que ces prévisions seront dépassées. D’après le consensus Factset, le bénéfice pourrait presque doubler entre 2025 et 2029, ce qui explique une valorisation de prime abord élevée à court terme, avec un multiple de 27 fois les profits attendus en 2026. Mais le ratio retomberait à moins de 19 fois en 2029, sachant par ailleurs que Safran n’a aucune dette et devrait même afficher à la fin de 2025 une position de trésorerie nette proche de 2 milliards d’euros. Le principal risque à court terme réside dans la conclusion d’un accord de paix en Ukraine qui serait préjudiciable à l’ensemble du secteur de la défense, mais cette activité reste minoritaire chez Safran (moins de 10% du résultat opérationnel) et il est difficile d’imaginer que les pays européens réduisent leurs budgets militaires même en cas de cessez-le-feu en Ukraine.
Notre conseil : achetez Safran à 290 euros pour viser 350 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000073272 et SAF.