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Imerys : de nouveaux catalyseurs en 2026 ?

Le leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie a été freiné en 2025 par une activité industrielle atone en Europe et une faible demande en Amérique du Nord. Il pourrait bénéficier cette année d’un retour progressif à la croissance et des réductions de coût engagées pour préserver sa rentabilité dans un contexte global redevenu plus favorable pour les groupes miniers.

La déception provoquée par les prévisions prudentes annoncées fin juillet semble passée et l’action qui avait plongé de 13% en une seule séance a depuis rattrapé son retard. Les investisseurs savent très bien que le leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie a connu un exercice 2025 assez difficile, marqué par la faiblesse des marchés résidentiels aux Etats-Unis et en Europe et les incertitudes liées aux droits de douane. D’après le consensus le chiffre d’affaires pourrait reculer de 4,7%, impacté en partie par la baisse du dollar, tandis que le bénéfice remonterait à plus de 150 millions mais sans comparaison aucune avec les résultats 2024, marqués par d’importantes charges exceptionnelles dans le cadre de la cession des activités dédiées au marché du papier. Hors éléments exceptionnels, le résultat net courant a chuté de 41% au terme des 9 premiers mois de 2025 mais la marge d’excédent brut d’exploitation n’a reculé que de 2,9 points à 16,3%. Face à une conjoncture peu favorable, la direction a annoncé un plan de réduction de coûts devant permettre dans un premier temps d’atteindre la prévision d’excédent brut d’exploitation ajusté compris entre 540 et 580 millions d’euros pour 2025. Les espoirs d’une embellie pour 2026 restent permis dans la mesure où l’activité économique aux Etats-Unis résiste beaucoup mieux que prévu aux droits de douane (croissance du PIB de 4,3% au troisième trimestre), tandis que l’Europe s’adapte elle aussi assez bien et devrait bénéficier des mesures de relance en Allemagne cette année. Le consensus table sur un bénéfice de 170 millions d’euros faisant ressortir un multiple de capitalisation modéré de 12,4 fois. 

Un rendement de 5%

La valorisation intègre donc déjà un certain nombre de mauvaises nouvelles et le titre pourrait profiter d’autres catalyseurs. A commencer par le regain d’intérêt des investisseurs pour les actifs miniers même si Imerys n’est pas vraiment présent dans les métaux. Le groupe envisage en revanche de se lancer dans l’exploitation d’un gigantesque gisement de lithium sur son site de Beauvoir dans l’Allier où les études de faisabilité sont encore en cours en vue d’une production à partir de 2030 (investissement de 1,8 milliard d’euros à partager avec des partenaires). Autre source de progrès, la coentreprise de quartz de haute pureté, détenue à 50%, qui a été pénalisé par des stocks importants dans la chaîne de valeur de l’énergie solaire, pourrait se diriger vers une certaine normalisation. Enfin, le groupe est toujours engagé aux Etats-Unis dans une procédure judiciaire au sujet de ses anciennes activités de talc. Plus de 90 % des plaignants ont accepté le Plan de réorganisation proposé dans le cadre de la procédure du « Chapter 11 », ce qui permet d’espérer une clôture définitive de ce chapitre pour lequel le groupe estime avoir suffisamment provisionné.  

En attendant que les planètes se réalignent favorablement, les actionnaires d’Imerys devraient continuer de bénéficier d’un rendement de 5%. Des rumeurs ont par ailleurs fait état d’une possible sortie de la cote initiée par le principal actionnaire, le groupe belge GBL.

Notre conseil : achetez Imerys à 24,50 euros pour viser 30 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000120859 et NK.

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