Orange : un havre de paix face aux tarifs douaniers
Grâce à ses activités récurrentes et génératrices de cash, l’opérateur télécom offre une visibilité appréciable aux investisseurs avec la perspective d’un rendement copieux et régulier. La reprise de SFR en partenariat avec Bouygues et Free-Groupe constituerait un catalyseur supplémentaire pour le titre.

L’engouement des investisseurs pour l’opérateur télécom français ne se dément pas. Après avoir progressé de 48% en 2025, le titre démarre à nouveau bien l’année 2026 dans un contexte boursier à nouveau perturbé par la menace d’une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe. Il est vrai qu’Orange n’est pas concerné par les droits de douane en raison de ses activités réalisées uniquement dans les services et absentes du territoire américain. Le groupe offre au contraire un profil assez défensif en dépit d’une croissance très faible de son chiffre d’affaires liées à la maturité du marché en France. Sur les 9 premiers mois de 2025, la croissance organique des ventes n’était que de 0,5%, l’érosion en France étant compensée par la belle dynamique observée sur la zone Afrique et Moyen Orient (+12,2% sur le troisième trimestre). Le groupe va se doter d’un nouveau relais de croissance avec l’acquisition de la totalité du capital de sa filiale espagnole MasOrange (issu le da fusion en mars 2024 entre Orange Espagne et MasMovil) dont il détient déjà 50% du capital.
Un accord a été conclu avec le fonds d’investissement Lorca (contrôlé par KKR, Cinven et Providence) pour acquérir l’autre moitié moyennant un investissement de 4,25 milliards d’euros. Orange va ainsi devenir le premier opérateur en Espagne en Volume et le deuxième en valeur derrière l’opérateur historique Telefonica. Grâce à son positionnement sur des segments à valeur ajoutée comme les abonnements premiums incluant les matchs de football de la Ligua et les services aux entreprises, MasOrange a prévu de faire progresser son excédent brut d’exploitation de plus de 10% en 2025. De nouvelles synergies portant sur 200 millions d’euros, en plus des 300 millions déjà réalisés, sont attendues.
Un dividende solide
Grâce à son programme d’efficacité opérationnelle et la bonne maîtrise de ses coûts, Orange a pu revoir à la hausse son objectif d’excédent brut d’exploitation pour l’ensemble de l’exercice 2025, désormais attendu e hausse d’au moins 3,5% (+3,8% à base comparable sur 9 mois en 2025). Le titre capitalise un peu plus de 12 fois les profits attendus cette année, ce qui reste raisonnable, mais le principal atout du dossier réside dans son rendement. Pour l’exercice 2025, la direction a défini un dividende plancher de 0,75 euro par action dont un acompte de 0,30 euro a été versé le 4 décembre.
Ce niveau plancher fait ressortir un rendement de 5% au caractère pérenne, sachant que le groupe a déjà réalisé tous les investissements nécessaires dans la fibre. Le rachat de MasOrange est à la portée du groupe compte tenu des cash-flows générés par la filiale espagnole et de l’endettement maitrisé du groupe à 1,88 fois l’excédent brut d’exploitation à fin juin 2025. Orange a aussi les moyens de participer au rachat de SFR en s’associant à Bouygues Telecom et à Free-Groupe. Cette opération augmenterait ses parts de marché et rendrait le paysage moins concurrentiel.
Notre conseil : achetez Orange à 14,20 euros pour viser 17 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000133308 et ORA.