Imerys : une bonne adaptation à un environnement complexe
Confronté à un secteur de la construction atone en Amérique du Nord et en Europe, le leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie va renforcer son plan d’économies et mise sur ses pépites technologiques et le soutien de l’État pour transformer son profil boursier. Les fondamentaux du groupe restent solides et faiblement valorisés.

Pas de miracle pour Imerys ! Le groupe qui extrait et transforme des minéraux essentiels présents dans des objets du quotidien allant des smartphones aux peintures a souffert jusqu’en fin d’année dernière de la faible demande dans la construction en Europe et aux États-Unis. Sur l’année 2025, son chiffre d’affaires s’élève à 3,385 milliards d’euros, en léger recul de 0,7 % à périmètre et taux de change constants, tandis que l’excédent brut d’exploitation a chuté comme prévu de près de 20% pour retomber à 546 millions sous l’effet de la diminution de la contribution des co-entreprises dans les opération de quartz de haute pureté pour panneaux solaires (situation de surstocks) et malgré l’amélioration des performances de l’activité graphite et carbone, dont le résultat a bondit de 41,2 %, porté par la croissance du marché des véhicules électriques. La perte nette de 408,8 millions d’euros est spetaculaire mais elle s’explique par une dépréciation d’actifs de 467 millions d’euros sur l’activité « Solutions pour Réfractaires, Abrasifs et Construction ». Une décision comptable qui sanctionne l’inefficacité relative des mesures anti-dumping européennes face à la concurrence chinoise.
La rigueur comme boussole
Face à l’absence de signes d’amélioration en ce début d’année, la direction lance le « Projet Horizon ». Ce plan d’économies vise 50 à 60 millions d’euros de réduction de coûts d’ici 2027. En raison de la baisse de la rentabilité et de la génération de cash-flow libre (-42%), le dividende va diminuer de près de moitié pour revenir à 0,75 euro par action. Il offre tout de même un rendement de 3,4%. Le bilan reste solide avec un endettement net contenu à 53% des fonds propres et à 2,5 fois l’excédent brut d’exploitation. L’un des prochains catalyseurs pourrait venir du projet de mine de lithium dans l’Allier. L’État français, via la Banque des Territoires, vient d’injecter 50 millions d’euros pour prendre environ 30 % du projet. Cet investissement stratégique vise à sécuriser l’approvisionnement de 700 000 véhicules électriques par an dès 2030. Pour Imerys, ce partenariat avec Bercy valide la viabilité du projet EMILI et réduit le risque d’exécution de ce chantier titanesque. Après la chute du cours, la valeur d’entreprise ne représente que 5,6 fois l’excédent brut d’exploitation attendu pour cette année.
Notre conseil : achetez Imerys à 21 euros pour viser 26 euros. Codes : FR0000120859 et NK.
Christine Ellouze