Compagnie de l’Odet: beau retour de cash pour les actionnaires !
Faute d’opportunité d’investissement attractive, Bolloré va redistribuer une bonne partie de sa trésorerie aux actionnaires sous la forme d’un dividende exceptionnel de 1,5 euro par action. La maison mère, Compagnie de l’Odet va en faire profiter ses propres actionnaires et réduire ainsi sa décote.

Alors que les investisseurs se demandaient ce qu’allait faire le groupe Bolloré du magot de 10 milliards récupéré à l’occasion de la vente en deux temps de ses activités logistiques, la réponse est venue à l’occasion de la publication des comptes annuels. Faute d’opportunité et de réinvestissement significatif, le groupe désormais présidé par Cyrille Bolloré a décidé d’en redistribuer une grande partie (4,2 milliards à ses actionnaires) sous la forme d’un dividende exceptionnel de 1,50 euro par action, qui va s’ajouter au dividende ordinaire de 0,08 euro par action. Le cumul des deux représente un rendement de plus de 30% par rapport au cours de bourse actuel. Au terme de cette opération, Bolloré va donc se vider un peu de sa substance puisque la trésorerie nette au bilan qui atteignait 5,6 milliards d’euros au 31 décembre devrait retomber autour de 1,4 milliard d’euros. Elle s’ajoutera au portefeuille de participations cotées (18,4% dans UMG, 30,4% dans Canal+, 30,4% dans Louis Hachette, 30,4% dans Havas, 29,4% dans Vivendi, 6% dans Rubis), ainsi qu’aux deux dernières activités constituées par la logistique pétrolière et l’industrie (batteries électriques et films plastiques). Ces deux activités ont généré l’an dernier un chiffre d’affaires de 2,92 milliards d’euro, en baisse de 9% du fait de la baisse des prix de l’énergie et de la faible activité de batteries. Le résultat opérationnel ajusté, qui intègre la contribution des filiales cotées s’établit à 286 millions sans comparaison possible avec 2024, où les participations n’étaient intégrées que sur 16 jours. Le bénéfice net de 348 millions n’est pas non plus comparable compte tenu des éléments exceptionnels importants comptabilisés en 2024 (plus-value de cession des activités logistiques).
Une décote plus attractive pour l’Odet
Le principal intérêt du dossier Bolloré et de sa maison mère, la compagnie de l’Odet, réside dans la revalorisation potentielle des actifs et le niveau de décote par rapport à ces derniers dans la perspective d’une potentielle liquidation ou fusion. S’il est difficile de formuler une valeur pour le pôle industrie, en perte de 90 millions d’euros l’an dernier, l’activité logistique pétrolière peut être estimée autour de 350 millions d’euros sur la base de 7 fois son excédent brut d’exploitation (53 millions en hausse de 18%). En prenant la trésorerie et les participations à leur valeur boursière actuelle, l’actif net réévalué (calculé à partir des valorisations boursières et non des valeurs théoriques) peut être estimé autour de 14,25 milliards d’euros. La décote boursière de Bolloré est donc limitée (6%), mais certaines participations ayant fortement baissé depuis le début de l’année (-23% pour UMG et Canal+) peuvent se revaloriser rapidement. Il ne faut pas exclure non plus une poursuite de la simplification du groupe Bolloré via une fusion avec la Compagnie de l’Odet qui détient 71% du capital et indirectement 22,6% du capital d’Havas. La décote de plus de 20% sur Compagnie de l’Odet nous parait plus attractive que celle de Bolloré. La Compagnie de l’Odet a par ailleurs prévu de redistribuer à ses actionnaires au moins les deux tiers des dividendes perçus de Bolloré, soit 2 milliards d’euros.
Notre conseil : achetez Compagnie de l’Odet à 1150 euros pour viser 1400 euros. Codes : FR0000062234 et ODET.