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Vivendi : encore 40% de décote !

Le holding recentré sur l’éditeur de jeux Gameloft et une demi-douzaine de participations minoritaires cotées améliore sa profitabilité et réduit ses coûts. La décision de la Cour d’appel le 22 mai pourrait confirmer celle de la Cour de cassation. L’hypothèse d’une OPA s’éloigne mais les actifs sont de qualité.

Depuis décembre 2024, Vivendi ne détient plus qu’une participation majoritaire de 100% dans l’éditeur de jeux Gameloft, dont il consolide la totalité des résultats, ainsi qu’un portefeuille de participations minoritaires de sociétés cotées en bourse. Le groupe détient notamment 9,9% du label Universal Music Group (UMG), 19,7% du groupe de divertissement Banijay, 13,38% de Lagardère, 15,92% du holding de la famille Berlusconi, Media For Europe, 11,19% de l’espagnol prisa et un autocontrôle portant sur 2,7% de son propre capital. Il vient par ailleurs de reprendre le pôle luxe du groupe de presse Prisma Media auprès de Louis Hachette Group, ainsi qu’une participation de 13,58% dans Prisma Group. Les résultats de l’exercice 2025 se résument à ceux de Gameloft et à la mise en équivalence des résultats d’UMG. Hors charges de restructurations, Gameloft a amélioré son excédent brut d’exploitation de 34% (19 millions d’euros) l’an dernier grâce aux efforts de repositionnement engagés depuis plusieurs années (transfert du téléphone mobile vers les PC). Quant à UMG, sa quote-part mise en équivalence s’est améliorée de 7 millions d’euros pour atteindre 129 millions. Parallèlement, Vivendi a continué de réduire ses frais de siège qui ont néanmoins représenté une charge de 99 millions. Finalement, le bénéfice net est ressorti à 20 millions d’euros, sans comparaison possible avec le résultat de 2024 affecté par d’importants éléments exceptionnels liés à la scission de l’ancien Vivendi.

UMG reste le principal actif

Ces résultats paraissent encore largement perfectibles dans la mesure où Vivendi a engagé un projet de rupture conventionnelle collective au niveau du siège en vue d’accélérer les réductions de coûts. L’intérêt du dossier réside cependant essentiellement dans le portefeuille de participations cotées, dont la principale est celle dans UMG, d’une valeur d’environ 3,3 milliards d’euros. L’ensemble du portefeuille vaut actuellement environ 4,7 milliards en tenant compte de la récente baisse des marchés boursiers. A ce montant, il faut déduire l’endettement net de 1,5 milliard d’euros, si bien que l’actif net réévalué peut être estimé à 3 milliards soit 2,9 euros par action. Il en ressort une décote boursière proche de 40% pouvant paraitre excessive au regard de la qualité des actifs et de leur degré élevé de liquidité. Le dividende proposé de 0,04 euro par action procure un rendement tout juste correct de 2,2%. Difficile en revanche de parier sur une OPA de Bolloré, détenteur de 29,9% du capital. En novembre dernier, la Cour de cassation a considéré qu’il n’exerçait pas de contrôle sur Vivendi et a renvoyé le dossier devant la Cour d’appel de Paris. L’audience des plaidoiries a été fixée au 22 mai. Il est peu probable que la Cour d’appel livre un jugement contraire à celui de la Cour de cassation.

Notre conseil : achetez Vivendi à 1,75 euros pour viser 2,30 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000127771 et VIV.

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