DASSAULT AVIATION: le champion du réarmement
Porté par le réarmement mondial et un carnet de commandes record de 46,6 milliards d’euros, Dassault Aviation a vu ses ventes bondir de 19 % en 2025, avec une trésorerie pléthorique et un dividende en hausse.

Un chiffre d’affaires en forte hausse.
Porté par la montée en cadence des livraisons — 26 Rafale et 37 Falcon en 2025 —, Dassault Aviation a réalisé un chiffre d’affaires de 7,42 milliards d’euros, en bond de 19 % par rapport aux 6,23 milliards de 2024. La division Défense a généré 4,65 milliards d’euros et l’aviation d’affaires Falcon 2,78 milliards, l’export pesant 77 % des ventes. Surtout, les prises de commandes atteignent 10,9 milliards d’euros, soit un book-to-bill de 1,5, portant le carnet à un niveau record de 46,6 milliards — plus de six années d’activité —, avec 220 Rafale et 73 Falcon à livrer.
Un résultat net solide.
Le résultat net consolidé (IFRS) ressort à 977 millions d’euros, soit 12,52 euros par action, après une surtaxe exceptionnelle d’impôt en France de 96 millions ; hors cet effet, il aurait atteint 1 073 millions. Le résultat net ajusté, qui intègre la quote-part du groupe dans Thales (446 millions), s’élève à 1 061 millions d’euros, ou 13,60 euros par action, pour une marge opérationnelle ajustée de 8,6 % et une marge nette ajustée de 14,3 %.
Un dividende en hausse, un rendement modeste.
Le conseil d’administration propose un dividende de 4,78 euros par action au titre de 2025 (contre 4,72 euros), soit un taux de distribution de 35 % pour un montant global de 371 millions d’euros. Au cours de 299 euros, le rendement reste limité à 1,6 % : Dassault Aviation est une valeur de croissance et de qualité, pas de rendement. Le bilan est exceptionnel, avec une trésorerie disponible de 9,4 milliards d’euros, en hausse d’un milliard sur l’année.
Une valorisation soutenue mais amortie.
À environ 24 fois les bénéfices, le titre se paie cher en apparence. Mais cette valorisation est largement amortie par la trésorerie nette pléthorique et par la participation de 24,6 % dans Thales, qui réduisent fortement la valeur d’entreprise du cœur défense. L’abandon officiel, le 8 juin, du programme franco-allemand FCAS (SCAF) a un impact jugé limité à court terme : Dassault, qui en revendiquait le leadership industriel, bénéficie déjà d’un carnet record sur le Rafale et se concentre désormais sur le futur standard F5. Les catalyseurs restent nombreux : réarmement européen, négociations autour de la méga-commande indienne de 114 Rafale (estimée à près de 33 milliards d’euros) coïncidant avec la visite de Narendra Modi en France à la mi-juin, et flux de commandes liés au contexte géopolitique. Pour 2026, le marché attend un chiffre d’affaires d’environ 8,5 milliards d’euros, et le consensus reste à l’achat, avec un objectif de cours moyen proche de 358 euros.
Notre conseil : achetez Dassault Aviation à 299 euros pour viser 360 euros à un horizon de 18 mois.
Codes : AM / FR0014004L86