Renault : un rendement de 8% après l’année noire
Plombé par Nissan, Renault a subi une perte historique en 2025. Mais le chiffre d’affaires progresse, le dividende est maintenu et le rendement frôle 8%. Une décote devenue excessive ?

Renault a franchi en 2025 un cap symbolique côté activité : le chiffre d’affaires atteint 57,9 milliards d’euros, en hausse de 3% sur un an, porté par l’automobile (51,4 milliards, +1,8%) et surtout par le financement des ventes (6,4 milliards, +13,2%). L’Europe, qui pèse plus de la moitié des revenus, et les marchés émergents ont compensé un léger repli en France. Le consensus table sur la poursuite de cette croissance, vers 60 milliards en 2026.
Le résultat net final, lui, raconte une tout autre histoire : le groupe affiche une perte historique de 10,9 milliards d’euros, contre un bénéfice de 752 millions en 2024, soit un résultat par action de –39,98 euros. Cette perte est avant tout comptable : elle traduit la dépréciation de la participation dans Nissan, sans impact sur la trésorerie. La rentabilité opérationnelle, elle, résiste, avec un résultat d’exploitation de 3,6 milliards (marge de 6,3%). Les analystes anticipent d’ailleurs un retour franc aux bénéfices dès 2026, autour de 1,7 milliard d’euros (6,12 euros par action).
Un dividende maintenu, un rendement proche de 8%
Malgré la perte, le conseil d’administration a maintenu le dividende par action à 2,20 euros au titre de 2025, comme en 2024. À 27,77 euros, l’action Renault offre ainsi un rendement de 7,9%, l’un des plus élevés du CAC 40. Et la direction vise une hausse graduelle : 2,22 euros attendus en 2026, 2,34 en 2027, puis 2,46 en 2028. L’essentiel de la dette consolidée (69,8 milliards) provient de l’activité de financement des ventes, le pôle automobile conservant une structure financière solide.
Côté valorisation, la décote est spectaculaire. Le titre se paie environ 4,5 fois les bénéfices estimés 2026 et 0,4 fois ses fonds propres, à peine 63% de son plus-haut annuel (fourchette 26,34–44,09 euros). Le consensus de 14 bureaux d’analyse, à l’achat (« overweight »), vise 38,56 euros. Les catalyseurs ne manquent pas : envolée des commandes de véhicules électriques sur fond de tensions géopolitiques, montée en puissance du SUV Boreal (usines au Brésil et désormais en Turquie), modernisation des sites espagnols et nouveau cap fixé par le directeur général François Provost. Le groupe poursuit par ailleurs une croissance ciblée, avec les rachats de Flexis et d’un site d’équipements à Maubeuge. Le principal risque demeure l’exposition à Nissan et la cyclicité du secteur automobile.
Notre conseil : achetez Renault à 29 euros pour viser 37 euros à un horizon de 18 mois.
Codes : FR0000131906 et RNO.
Conseils sur Renault
Tous les conseils
Renault : une stratégie de valeur payante pour le moment
Le constructeur automobile récolte les fruits de sa stratégie commerciale axée sur la valeur qui lui permet de maintenir des prix élevés. La concurrence continue cependant de s’intensifier sur le segment des voitures électriques.

Renault : un mal pour un bien ?
L’annulation de l’introduction en bourse d’Ampère, la filiale regroupant les activités électriques du constructeur, n’a pas été sanctionnée par les marchés mais démontre les difficultés du secteur.

Renault : en pleine transformation
Après avoir précisé les contours et les objectifs de sa nouvelle filiale Ampere qui développera la gamme électrique à la marque Renault, le constructeur annonce un plan de transformation de son système industriel devant lui permettre de réduire ses coûts de 30% dans le thermique et de 50% dans l’électrique d’ici à 2027.

Renault : nouveau départ avec Nissan
Le rééquilibrage de l’alliance entre les deux constructeurs va permettre à Renault de récupérer 4,5 milliards d’euros de la vente d’une partie de ses titres Nissan pour investir dans l’électrification de ses voitures.