Renault: pourquoi la perte de 2025 masque une opportunité à 8,8% de rendement
Plombé par la dépréciation de sa participation dans Nissan, Renault a essuyé une perte historique en 2025. Mais l’activité résiste, le dividende est maintenu et la valorisation touche un plancher.

Un chiffre d’affaires record, tiré par l’électrique
Le groupe au losange a dégagé un chiffre d’affaires 2025 de 57,9 milliards d’euros, en hausse de 3%, porté par l’électrification et l’International Game Plan. La dynamique se confirme au premier trimestre 2026, avec des revenus de 12,53 milliards d’euros (+7,3%, +8,8% à changes constants), tirés par l’Automobile et Mobilize Financial Services (MFS). Les ventes de véhicules électriques ont bondi de 21% sur la période.
Une perte de 10,9 milliards, mais purement comptable
Le résultat net part du groupe ressort à -10,9 milliards d’euros. Cette perte historique est quasi intégralement non-cash : 9,3 milliards de dépréciation de la participation Nissan, revalorisée au cours de marché, et 2,3 milliards de contribution négative de l’allié japonais. Retraité de Nissan, Renault dégage un bénéfice de 715 millions et une marge opérationnelle de 6,3%. La direction de François Provost vise une marge autour de 5,5% et un free cash-flow automobile proche de 1 milliard en 2026.
Un dividende maintenu à 2,20 euros, 8,8% de rendement
Malgré la perte, le dividende est maintenu à 2,20 euros par action au titre de 2025, détaché le 8 mai et versé en numéraire. Au cours de 25 euros, il procure un rendement brut de 8,8%, parmi les plus élevés du CAC 40. La direction affiche sa confiance dans le plan futuREady.
Une valorisation tombée au niveau de la trésorerie nette
La capitalisation, retombée à 7,3 milliards d’euros, équivaut désormais à la position financière nette de l’Automobile (7,4 milliards). Le marché valorise donc quasi gratuitement l’outil industriel, MFS et la participation dans Nissan. L’action se paie moins de 4 fois les bénéfices attendus en 2026 et 7 fois l’excédent brut opérationnel, une décote difficile à justifier au regard des fondamentaux.
Des catalyseurs pour rebondir
Les catalyseurs ne manquent pas : bond des commandes de véhicules électriques depuis le conflit iranien, montée en cadence du SUV Boreal via un nouveau site turc à Bursa, prise de contrôle à 100% de Flexis, rachat de l’activité pare-chocs de Maubeuge et succès des obligations Samouraï (159 milliards de yens) saluant une notation de crédit améliorée.
Notre conseil : Achetez Renault à 25 euros pour viser 37 euros à un horizon de 12 mois.
Codes: FR0000131906 et RNO.