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Worldline : Une décote record sur un champion des paiements en plein recentrage

Le spécialiste européen des paiements poursuit un recentrage à marche forcée, multiplie les cessions et ne verse plus de dividende. Le titre, divisé par plus de trois en un an, affiche une décote record.

Worldline solde une année 2025 difficile.

Le chiffre d’affaires s’est établi à 4 milliards d’euros, en repli d’environ 3 % sur un an, dans un marché des paiements européen encore heurté. Le groupe a surtout accéléré son plan North Star: cession de l’activité Mobilité et Services Web Transactionnels à Magellan Partners (valeur d’entreprise de 400 millions d’euros), sortie d’Australie, rachat des minoritaires en Grèce et transformation de la coentreprise avec Crédit Agricole en simple partenariat commercial. Recentré sur les paiements en Europe, le groupe a signé un premier trimestre 2026 un peu meilleur que prévu: à 831 millions d’euros hors cessions, l’activité ne recule plus que de 0,5 % en organique, les Services aux Commerçants renouant même avec la croissance (plus 1,6 %).

La ligne du bas reste douloureuse.

En 2025, Worldline a essuyé une perte nette de plusieurs milliards d’euros, plombée par de lourdes dépréciations d’écarts d’acquisition qui ont amputé ses capitaux propres. La marge opérationnelle courante est tombée sous 3 %. Le consensus n’anticipe pas de retour au bénéfice net avant plusieurs exercices, même si les pertes attendues se réduisent d’année en année.

Côté rémunération de l’actionnaire, il ne faut rien attendre à court terme: Worldline ne verse aucun dividende et le rendement est donc nul. La priorité va au désendettement, la direction visant un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation inférieur à 2 fois d’ici à la fin 2026, grâce notamment au produit net des cessions récentes.

La valorisation est tombée à des niveaux planchers.

Le groupe capitalise environ 530 millions d’euros pour une valeur d’entreprise proche de 3,3 milliards, soit à peine 4,5 fois l’excédent brut d’exploitation, une décote massive face à Nexi (environ 5 fois) ou Global Payments (près de 9 fois). Le titre se paie une fraction de ses ventes et de son actif net comptable. De quoi séduire un noyau d’actionnaires de référence, Bpifrance, Crédit Agricole et Crédit Mutuel pesant près de 28 % du capital, tandis que le groupe met en avant son avance dans les paiements agentiques, avec des transactions pilotes menées avec ING, Mastercard et Visa.

Conseil: Achetez à 9,52 euros avec un objectif de 11,90 € à un horizon de 18 mois. Après le regroupement d’actions de juin, le dossier est un pari sur le redressement, à réserver aux investisseurs avertis.

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