DBV Technologies: le pari d’un patch anti-allergie
Sanctionné après une série d’augmentations de capital dilutives, le spécialiste des allergies alimentaires attire un investisseur de renom. Un dossier spéculatif au fort potentiel, mais à haut risque.

La biotech française DBV Technologies, spécialiste du traitement des allergies alimentaires, traverse une passe boursière difficile. Le titre a perdu près de 28 % depuis le début de l’année pour retomber à 2,31 euros, à peine la moitié de son plus-haut des douze derniers mois. En cause: non pas un échec clinique, mais une succession d’opérations financières dilutives destinées à renflouer la trésorerie.
Un chiffre d’affaires encore anecdotique
Comme toute biotech en phase avancée mais pré-commerciale, DBV ne génère quasiment aucun chiffre d’affaires: le groupe vit de sa trésorerie en attendant la mise sur le marché de son produit phare. Le consensus n’attend de revenus significatifs qu’à partir de 2027 (environ 70 millions d’euros), voire 2028 (plus de 240 millions), et uniquement en cas d’homologation. Le patch Viaskin, traitement par immunothérapie épicutanée (EPIT) de l’allergie à l’arachide chez le jeune enfant, constitue le cœur du dossier, avec des demandes d’homologation (BLA) en cours aux États-Unis pour les tranches 1-3 ans et 4-7 ans.
Des pertes lourdes, aucun dividende
Logiquement, le résultat net reste déficitaire: la perte nette a atteint environ 130 millions d’euros en 2025 et devrait se creuser à près de 160 millions en 2026, sous le poids des dépenses de recherche et de préparation du lancement. DBV ne verse aucun dividende: chaque euro est réinvesti dans le développement clinique. D’où des levées de fonds répétées. Via son programme ATM au Nasdaq (jusqu’à 150 millions de dollars), la société a cédé 50 millions de dollars d’actions à RA Capital, à 2,38 euros par action, soit une dilution d’environ 5,8 %. L’entrée de ce fonds spécialisé de premier plan, à hauteur de 5,8 % du capital, constitue toutefois une validation du dossier et sécurise le financement des étapes clés.
Une valorisation spéculative
Faute de bénéfices, les multiples classiques (PER, rendement) sont inopérants. Le marché valorise DBV environ 727 millions d’euros, un pari sur la valeur future du Viaskin. Le consensus des analystes est bien plus optimiste que le cours: l’objectif moyen ressort à 6,97 euros, soit un potentiel théorique de plus de 200 %. Mais cet écart reflète surtout le caractère binaire du dossier: approbation et lancement, ou non.
Notre conseil: Renforcez à 2,40 euros pour viser 7 euros à un horizon de 12 à 18 mois. Le repli offre un meilleur point d’entrée.
Codes: FR0010417345 et DBV.