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NORTH ATLANTIC ENERGIES: LE PARI DU RAFFINEUR INDÉPENDANT, LOIN DU PRIX DE L’OPA

Ex-Esso devenu raffineur indépendant, North Atlantic Energies affiche un EBITDA ajusté en forte hausse mais une perte nette. Le titre s’envole, très au-dessus du prix de l’OPA fixé à 28,93 euros.

Ancienne filiale française d’ExxonMobil, Esso S.A.F. est devenue North Atlantic Energies (NAE) après le rachat de 82,89 % du capital par North Atlantic France, filiale de North Atlantic Petroleum. Dirigé par Charles Amyot, ce raffineur indépendant, adossé au site de Gravenchon, a vécu en 2025 une année de transition sous tension.

Un chiffre d’affaires en fort repli.

Les ventes ressortent à 11,4 milliards d’euros, en baisse de 37 % sur un an, essentiellement du fait de la cession de la raffinerie de Fos-sur-Mer fin 2024: les volumes traités reculent de 27 %, à 9,2 millions de tonnes. Ce chiffre d’affaires, gonflé par la taxe sur les produits énergétiques, importe moins que la marge de raffinage, remontée à 57 euros la tonne en moyenne (contre 44 en 2024) selon la DGEC.

Une perte nette malgré un exxcédent brut d’exploitation en forte hausse.

 L’excédent brut d’exploitation (EBITDA) ajusté bondit à 179 millions d’euros, contre 58 millions en 2024, signe de bonnes performances opérationnelles. Mais le résultat opérationnel plonge à -209 millions, plombé par une dépréciation d’actifs de 206 millions et des effets de stocks négatifs de 107 millions. Après un résultat financier de +81 millions, la perte nette part du groupe atteint 93 millions, contre un profit de 107 millions un an plus tôt.

Aucun dividende, bilan sous tension. Le conseil n’a pas proposé de dividende au titre de 2025: le rendement est nul. Après 1,455 milliard de distributions exceptionnelles liées à la sortie d’ExxonMobil, la position financière nette est devenue négative de 623 millions (contre +1,493 milliard un an plus tôt) et les capitaux propres sont tombés à 746 millions. Le désendettement prime désormais sur la rémunération de l’actionnaire.

Une valorisation déconnectée de l’offre. À 72,80 euros, en hausse de 104 % sur un an et proche de son plus haut, l’action capitalise 936 millions pour une valeur d’entreprise de 1,8 milliard. Surtout, elle vaut plus de 2,5 fois le prix de l’offre publique simplifiée (28,93 euros), déposée sans retrait obligatoire: le marché parie sur la valeur stratégique du raffinage indépendant français et la remontée des marges. À près de 10 fois l’EBITDA ajusté, la prime est élevée face aux comparables européens, et le faible flottant (12 %) amplifie les écarts. Les tensions sur l’approvisionnement en brut, autour du détroit d’Ormuz, renforcent toutefois le caractère stratégique de l’actif.

Notre conseil : Achetez à 75,80 euros avec un objectif de 94 euros à un horizon de 12 mois. Codes: FR0000120669 et NAE.

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