La Lettre de la bourse : Valeo a publié un chiffre d’affaires en croissance organique de 6% pour le troisième trimestre 2019, traduisant une surperformance de 8 points par rapport à la production automobile mondiale. Comment expliquez-vous cet écart important en votre faveur ?
Jacques Aschenbroich : Il faut regarder d’où l’on vient. Nous avons connu un trou d’air au premier semestre 2018 en raison d’un début de sousperformance en Chine, puis au deuxième semestre 2018, où nous avons été perturbés par le reflux du marché européen liée aux changements de normes, les fameuses normes WLTP, alors que le marché chinois chutait parallèlement de 12%. Certains observateurs ont pu penser que l’histoire de croissance de Valeo était terminée. Nous étions pourtant convaincus que nos fortes prises de commandes nous ramèneraient rapidement sur une trajectoire de croissance plus favorable. De fait, Valeo a surperformé son marché de 2 points au deuxième semestre 2018, puis de 3 points au premier trimestre 2019, de 4 points au deuxième trimestre et enfin de 8 points au troisième trimestre. Nous savions que nous monterions en puissance dans certains programmes de nos clients avec parfois un quasi doublement de notre contenu par véhicule. Ces commandes sont entrées en production en 2019, conformément à nos prévisions et à ce que nous avions annoncé. Je pense qu’aujourd’hui les doutes sur notre croissance sont levés. Non seulement nous surperformons le marché mais nous le faisons dans toutes les zones et dans chacun de nos métiers.
La grève survenue chez General Motors aura un impact non négligeable sur vos comptes : 160 millions d’euros sur le chiffre d’affaires et 50 millions sur le résultat opérationnel. Pour quelles raisons ?
General Motors est notre plus gros client américain et la grève a duré longtemps. Nous avons estimé l’impact à 6 semaines d’activité en moins avec une semaine supplémentaire de montée en puissance des usines de General Motors. Le problème est que nous ne savions pas combien de temps allait durer cette grève et nous n’avons pas pu adapter notre outil industriel à la réalité du marché autant que nous le souhaitions, d’autant que nous nous situons aux Etats-Unis dans des zones où le taux de chômage est très bas. Il fallait être capable de redémarrer nos productions le plus vite possible, ce qui est le cas aujourd’hui.