Euronext : Une valeur de croissance à prix modéré
Le principal opérateur des marchés financiers de la zone euro développe un modèle à la fois très rentable et tourné vers la croissance tout en réduisant sa dépendance aux volumes de transactions sur les marchés financiers. Le rachat de la bourse d’Athènes conforte son rôle dans l’union des marchés de capitaux à l’échelle européenne.

Depuis son intégration dans l’indice CAC 40 le 22 septembre dernier, l’action Euronext a été plutôt discrète, perdant même du terrain alors qu’elle avait inscrit un record à 153,50 euros le 18 juillet. Le principal opérateur de marchés financiers de la zone euro qui fédère les places de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Dublin, Milan, Oslo et Athènes n’a pourtant pas démérité. Il a récemment affiché un sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres de ses revenus à fin septembre. Une dynamique portée par les activités liées aux volumes de transactions, mais aussi par les activités non liées aux volumes (règlement livraison, conservation…). Ces dernières représentent désormais 60% des revenus d’Euronext, ce qui rend le profil beaucoup moins dépendant de l’évolution des marchés. Sur l’activité liée aux volumes (40% des revenus), une faible part (17%) concerne le trading sur les actions. Le reste se répartit entre les obligations souveraines (marché de plus en plus dynamique du fait de la dérive budgétaire des Etats), l’énergie, les matières premières et les taux de changes. Le modèle est donc bien diversifié. L’entreprise se caractérise aussi par une bonne gestion de ses coûts. Ils ont progressé moins vite que les revenus au troisième trimestre, (+7,3% contre +10,2%), si bien que la marge d’excédent brut d’exploitation s’est améliorée de 1,2 point pour atteindre le niveau très élevé de 63,2%.
Synergies avec la bourse d’Athènes
Après avoir repris Borsa Italiana en 2021, Euronext vient de franchir un nouveau pas dans la consolidation européenne en reprenant la bourse d’Athènes pour près de 400 millions d’euros. Cette opération qui donnera lieu à des synergies de 12 millions d’euros par an d’ici fin 2028 n’entamera pas la solidité financière du groupe dont l’endettement net à fin septembre restait limité à 1,5 fois l’excédent brut d’exploitation. Euronext s’est d’ailleurs permis d’annoncer un programme de rachat d’actions de 250 millions d’euros jusqu’à fin mars 2026. Le consensus table sur un bénéfice de 658 millions d’euros en 2025, en hausse de 12%, puis 712 millions en 2026 (+8%). Il en ressort des multiples de valorisation sans excès de 16 fois les bénéfices estimés pour 2026 avec une valeur d’entreprise de 12,3 fois la prévision d’excédent brut d’exploitation. Sachant par ailleurs que Euronext devient aussi de plus en plus une entreprise technologique après le récent rachat de la société Admincontrol, un éditeur de logiciels de services, proposant une plateforme de collaboration numérique de partage de documents pour les directions d’entreprises et les conseils d’administration dans les pays nordiques.
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