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Atos : le redressement prend forme, la patience sera récompensée

Atos finalise son refinancement et renoue avec les contrats
Malgré un premier trimestre 2026 difficile, le groupe vise une marge de 10 % en 2028 et un retour aux bénéfices dès 2027. Un dossier de redressement à fort potentiel.

Un premier trimestre 2026 en retrait, mais des signaux encourageants

Le démarrage de l’exercice 2026 a été plus progressif qu’anticipé, avec un chiffre d’affaires de 1,64 milliard d’euros sur un périmètre comparable, en recul organique d’environ 11 %. Environ 3 points de ce recul s’expliquent toutefois par la sortie volontaire de contrats à faible rentabilité, dans le cadre du plan de transformation Genesis.

La bonne nouvelle vient du carnet de commandes : le ratio book-to-bill s’établit à 87 %, en hausse de 4 points par rapport au premier trimestre 2025, et le pipeline qualifié a progressé d’environ 900 millions d’euros sur le trimestre. Pour l’ensemble de 2026, le groupe confirme ses objectifs avec une fourchette de croissance organique resserrée entre -1 % et -5 %, et maintient son objectif de marge opérationnelle d’environ 7 %.

Un refinancement historique qui change la donne

C’est le tournant le plus décisif de l’année. En mai, Atos a émis 1,25 milliard d’euros d’obligations senior sécurisées à horizon 2031 — 950 millions à taux fixe (8,125 %) et 300 millions à taux variable — pour refinancer intégralement sa dette de premier rang. L’opération a été très largement sursouscrite.

L’impact est immédiat sur la structure financière : selon AlphaValue/Baader Europe, le coupon effectif tombe à environ 8 % contre près de 13 % précédemment, générant une économie estimée à 45 millions d’euros par an qui se matérialisera pleinement en 2027. En conséquence, le bureau d’analyse a relevé son estimation de bénéfice par action (BPA) 2027 de 73,8 % à 2,96 euros, tout en maintenant sa recommandation d’achat avec un objectif cible de 69,8 euros.

Des cessions qui nettoient le bilan, des contrats qui arrivent

Atos poursuit l’assainissement de son périmètre : cession de l’activité calcul avancé Bull à l’État français pour un montant allant jusqu’à 508 millions d’euros, et cession des activités sud-américaines à Semantix. Parallèlement, le groupe signe de nouveaux contrats d’envergure : transformation du poste de travail digital de Viasat aux États-Unis, et accord de collaboration avec Backbase pour la modernisation des banques sur les marchés internationaux (notamment en Afrique et au Moyen-Orient).

Sur le front judiciaire, Atos a fait appel du jugement de 298 millions de dollars rendu aux États-Unis contre sa filiale Syntel, le groupe considérant ses provisions actuelles comme suffisantes pour couvrir le risque.

Une valorisation de dossier spéculatif à fort levier

Au cours actuel de 44,12 euros, Atos ne verse pas de dividende — le redressement absorbant toutes les ressources — et affichera encore une perte en 2026. Mais c’est précisément la nature de ce dossier : un pari sur le retour aux bénéfices, attendu dès 2027. À l’horizon 2027-2028, le groupe anticipe une croissance organique annuelle de 5 à 7 %, une marge opérationnelle d’environ 10 % en 2028, et un ratio d’endettement inférieur à 1,5 fois. Si cette trajectoire se confirme, la valorisation actuelle laisse une marge de progression significative.

Notre conseil : Achetez Atos à 44,12 euros pour viser 60 euros à un horizon de 12 mois.

Codes : FR0000051732 et ATO.

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