S'abonner

Logo decisionbourse.fr

Se connecter

Airbus: faut-il vendre après un rebond de 25 %?

Livraisons record, carnet colossal, dividende en hausse : Airbus a tout pour plaire. Mais à près de 30 fois les bénéfices et au contact de ses records, le titre a, selon nous, épuisé son potentiel.

Aibus Pixabay.com
Aibus Pixabay.com

Airbus confirme sa domination du duopole mondial de l’aéronautique civile. En 2025, le chiffre d’affaires a atteint 73,4 milliards d’euros, en hausse de 6,1 %, tiré par les avions commerciaux (52,6 milliards, +5,9 %) mais aussi par l’envolée de la défense et de l’espace (+11,8 %) et des hélicoptères (+18,1 %). La dynamique se prolonge en 2026 : le groupe vise environ 870 livraisons sur l’année et pourrait avoir signé un deuxième trimestre record, jusqu’à 235 appareils, au-delà du sommet de 227 atteint en 2019. La compagnie scandinave SAS vient de commander 18 A330neo, options comprises pour un total de 40 gros-porteurs.

Le résultat net 2025 ressort à 5,2 milliards d’euros, en progression de 23 %, soit un bénéfice par action de 6,60 euros. La solidité des flux de trésorerie, avec 4,4 milliards d’euros de flux disponibles, a permis de relever fortement la rémunération des actionnaires : le dividende proposé au titre de 2025 bondit de 60 % à 3,20 euros par action. Il n’offre toutefois qu’un rendement de 1,55 %, insuffisant pour soutenir le cours à lui seul.

Les bonnes nouvelles sont déjà dans les cours

À environ 206 euros, l’action se paie près de 30 fois les bénéfices 2025 et 18 fois son excédent brut d’exploitation (EBITDA), des multiples excessifs pour une valeur cyclique. Après un bond de plus de 25 % en trois mois, le titre évolue au contact de son plus-haut annuel (221 euros) et a quasiment rejoint l’objectif moyen des analystes (211 euros) : le potentiel nous paraît épuisé. Un risque pèse enfin sur la montée en cadence, les tensions d’approvisionnement en moteurs Pratt & Whitney pouvant compromettre l’objectif de 75 A320 par mois fin 2027, pilier de la trajectoire de croissance.

Les relais de croissance restent nombreux, notamment dans la défense: projet d’alliance Team Gen 6 pour un avion de combat, drone Eurodrone en discussion avec le japonais Kawasaki, participation au tour de table de 1,2 milliard de dollars de Quantum Systems dans les systèmes autonomes dopés à l’intelligence artificielle. La thèse de long terme demeure séduisante, mais elle est aujourd’hui plus que reflétée dans une valorisation de sommet de cycle.

Notre conseil: Vendez Airbus autour de 209,50 euros et encaissez l’intégralité de vos plus-values après ce rallye. Nous ne reviendrions à l’achat qu’après un net repli, vers notre objectif de 188 euros à un horizon de 12 mois.

Codes : NL0000235190 et AIR.

// ADS SECTION