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Pernod Ricard: un rendement de 8%

Plombé par les États-Unis et la Chine, le numéro deux mondial des spiritueux a vu son cours s’effondrer. Mais la valorisation touche le fond, le rendement atteint 8% et plusieurs leviers redonnent de l’air.

L’exercice clos fin juin 2026 restera comme l’un des plus rudes de l’histoire récente du numéro deux mondial des vins et spiritueux. Dans un secteur miné depuis plusieurs années par le déstockage et le tassement de la consommation, le chiffre d’affaires est retombé à 9,4 milliards d’euros, en repli organique de 3,9%, plombé par ses deux premiers débouchés : les ventes ont chuté de 14% aux États-Unis et de 19% en Chine sur l’exercice. Toutes les zones n’ont pas déçu : l’Inde, devenue le deuxième marché du groupe, l’Afrique, le Moyen-Orient et la Turquie affichent une belle vigueur, tandis que le scotch de Chivas Brothers, environ un quart de l’activité, a mieux résisté que la moyenne et renoué avec la croissance au second semestre. La direction reste néanmoins prudente et n’anticipe aucune reprise américaine avant 2029, les ventes étant attendues stables sur l’exercice en cours.

Sous l’effet de ce trou d’air, le résultat net est revenu à 1,2 milliard d’euros. Mais le groupe réagit sur tous les fronts. Son plan d’économies d’un milliard d’euros sera bouclé avec un an d’avance, après quelque 3.600 suppressions de postes depuis 2024, et la génération de trésorerie reste solide, de quoi couvrir le dividende. Surtout, la levée par Donald Trump des droits de douane de 10% sur le whiskey irlandais soulage la marge et redonne du mordant à Jameson, l’une de ses marques phares outre-Atlantique, où elle pèse près du tiers de ses volumes de spiritueux: le groupe retrouve de la flexibilité tarifaire sur un marché décisif.

Un rendement de 8% et une décote historique

Malgré la tempête, le dividende est maintenu à 4,70 euros par action, portant le rendement à 8%, un niveau rarement observé sur la valeur. La distribution absorbe toutefois la quasi-totalité des profits: sa progression est en pause, mais l’actionnariat de contrôle de la famille Ricard et le soutien de Groupe Bruxelles Lambert plaident pour sa préservation. Côté valorisation, la sanction boursière a été sévère et le titre se paie environ douze fois ses bénéfices et à peine sa valeur comptable, très loin de ses standards historiques et à proximité de son plus-bas annuel. Une large part des mauvaises nouvelles paraît ainsi intégrée. Deux catalyseurs peuvent réveiller le dossier: le plein effet des économies de coûts et le projet d’introduction en Bourse des activités indiennes, qui cristalliserait un actif de premier plan. Le consensus des analystes vise d’ailleurs très au-dessus du cours actuel.

Notre conseil : achetez Pernod Ricard autour de 59 euros pour viser 79 euros à un horizon de 18 mois.

Codes : FR0000120693 et RI.

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