Eiffage s’invite au capital d’Eurotunnel : une bonne idée?
Intégré à notre sélection du « coin du spéculateur », Eiffage s’invite au tour de table de Getlink (ex-Eurotunnel). Le groupe de BTP et de concessions (société d’autoroutes APRR, viaduc de Millau,…

Intégré à notre sélection du « coin du spéculateur », Eiffage s’invite au tour de table de Getlink (ex-Eurotunnel). Le groupe de BTP et de concessions (société d’autoroutes APRR, viaduc de Millau, stade de Lille, prisons) a révélé en début de semaine avoir acquis un volume de 27,67 millions d’actions Getlink à un prix de 11,1 euros par titre pour un montant de 307,5 millions financé intégralement sur sa trésorerie. Cela correspond à une participation de 5,03% du capital de Getlink. La question est de savoir si l’investissement est pertinent et quelles sont les intentions d’Eiffage.
Ce dernier ne s’est pas caché en indiquant vouloir consolider sa participation au gré des opportunités sur le titre Getlink. Son objectif est de pouvoir à terme entrer au conseil d’administration de la concession ferroviaire et de pouvoir au moins consolider dans ses comptes sa participation par mise en équivalence. Cela supposerait qu’Eiffage monte au moins à hauteur du premier actionnaire de Getlink qui n’est autre que l’italien, Atlantia (15,5%), propriétaire du géant autoroutier Autostrade mis en cause dans l’effondrement du pont à Gênes. L’entrée d’Eiffage au conseil d’administration de l’exploitant du tunnel transmanche ne devrait pas poser de problème sachant que Jacques Gounon, le patron de Getlink est un ancien salarié du groupe français et que son intrusion n’est pas une opération hostile.
Celle-ci nous paraît pertinente pour Eiffage et son concurrent Vinci avait un temps envisagé d’entrer au capital de l’ex-Eurotunnel. Pour Eiffage, investir dans Getlink lui permet de continuer à développer son portefeuille de concessions en se diversifiant dans le rail (après les autoroutes avec APRR, le viaduc de Millau et les enceintes sportives avec le stade de Lille et les prisons). N’ayant pas la même surface financière que Vinci ou même Bouygues, Eiffage n’a pas les moyens de jouer un rôle important dans la future privatisation d’ADP, si celle-ci doit avoir lieu, et ne peut que s’intéresser dans le domaine aéroportuaire à des petites plates formes régionales. Avec Getlink, Eiffage investit dans une concession longue durée (99 ans) expirant en 2086 pour profiter de la récurrence du trafic ferroviaire et des revenus de la société. La question du Brexit et d’une séparation sans accord avec l’Europe constitue bien évidemment un risque (monétaire et économique) mais visiblement limité au regard de l’excellente résistance du titre en Bourse (+12% depuis le début de l’année). Même si la conjoncture britannique devrait à court terme souffrir d’un Brexit sans accord, il y aura toujours des échanges entre la Grande-Bretagne et l’Europe. Et c’est sans doute ce que joue Eiffage.
Notre conseil : conservez Eiffage (code : FR0000130452) pour viser un objectif de cours de 100 euros.
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